8 mois pour guérir du syndrome de l’essuie glace

C’est bien connu, le trail est traumatisant pour les articulations. La tendinite au genou est notamment une blessure redoutable qui peut être longue à éradiquer. Je vous raconte ici mon parcours du combattant pour le traitement du syndrome de l’essuie glace suite à l’UTV 2013.

Suite à l’Ultra Trail du Vercors 2013, je termine avec une vive douleur au genou, qui est très difficile à localiser. La douleur me suit pendant plusieurs jours de manière aléatoire. Je prends rendez-vous avec un médecin généraliste sans plus tarder. Le traitement est basique: pommade anti-inflammatoire et kinésithérapeute pour travailler les étirements.

Une douleur aléatoire

Pour commencer, je décide de couper tout sport pendant une semaine. Puis je reprends le sport régulièrement en croisant vélo de route, VTT, natation et football. J’élimine donc la course à pied pendant quelques semaines et je me dis que cela me laissera le temps de me rétablir.
Voilà les évènement marquants du premier mois suivant la blessure:
– semaine 2 : une longue et magnifique sortie vélo sur les contreforts du Vercors (65 km et un col) et pas de douleur
– semaine 3: reprise du football à 7 et légère douleur en fin de match, 45 minutes de natation rapide (crawl) et pas de douleur
– semaine 4: longue sortie en vélo, je ressens à nouveau une vive douleur dans le genou gauche au bout de 3h.

La tentative de reprise de la course à pied

Le bilan est donc mitigé au bout d’un mois. Je décide de racheter des nouvelles chaussures et de me faire refaire des semelles orthopédiques qui sont sûrement usés. Je ne sais pas trop quelle est cette douleur que j’ai dû mal à expliquer et savoir où elle est réellement situé.
Fort de l’expérience de ma première blessure en course à pied, je me dis que le traitement par kinésithérapeute suffira à me guérir. Mais là est ma première erreur: mon kiné est très compétent mais je n’ai fait faire aucun examen pour le guider. J’ai en effet énormément de mal à situer la douleur et je n’ai pas beaucoup d’indications à lui donner!  Alors on s’oriente vers un syndrôme fémoro-patellaire, aussi appelé syndrôme rotulien: irritation des cartilages de l’articulation du genou, entre l’os de la cuisse (fémur) et la rotule.
etirements trails
Je fais de nombreuses séances de kinés: proprioception , renforcement des vaste interne, ischios-jambiers et surtout beaucoup d’étirements ce qui ne peut me faire que du bien vu ma souplesse légendaire!

Début décembre, je reprends tout doucement en alternant marche et course plusieurs fois par semaine. Sur conseil de mon kiné, je suis très progressif dans la reprise et ça se passe plutôt bien. Bon, je ne dépasse jamais 35 minutes d’affilée et je cours sur du plat.  En parallèle, je vais nager pour ne pas perdre ma bonne condition physique.

La découverte l’entrainement croisé, notamment le skating

Malgré tout, je veux m’entretenir physiquement: courir 30 minutes ne me suffit pas. Je vais apprendre bien malgré moi à pratiquer l’entrainement croisé. J’en profite donc pour continuer à travailler la natation, le vélo et je découvre les joies du skating qui ne me fait pas mal au genou. Je pratique aussi la marche nordique: j’achète des bâtons de marche pour monter dans le Vercors depuis chez moi. Mais je demande à ma femme d’aller me chercher car je pressens que les descentes vont déclencher la douleur à mon genou. Je fais quand même des footings courts sur plat mais je n’arrive pas à dépasser 30-35 minutes où je ressens une gêne bizarre tout le long de la cuisse puis une légère douleur dans le genou.

Le ras-le-bol

Début mars je tente un footing vallonné mais je ressens très vite une gêne en descente. Cela n’en finira donc jamais? Je fais 15 minutes d’étirement 3 fois par semaine depuis 4 mois. J’en suis à plus de 25 séances de kiné. Il va falloir tenter quelques chose. Je suis démoralisé et le trail me manque terriblement.  Pas question de se laisser abattre: je vais maintenant tout faire pour en découdre avec cette maudite blessure.

Auto-diagnostic

Je commence par aller consulter un osthéopathe: sans en faire le diagnostic formel, il me met la puce à l’oreille sur le syndrôme de l’essuie-glace et me montre des étirements spécifiques.
En feuilletant pour une énième fois un magazine de sport, je découvre qu’il y a en fait plusieurs symptômes possibles pour le syndrome de l’essuie-glace. La  sensation de brûlure à l’extérieur du genou au bout d’une durée fixe de course est la plus classique mais il n’y a pas que ça. On peut tout à fait sentir une gêne le long de la cuisse puis une douleur un peu difficile à localiser
syndrome de l'essuie-glace
J’apprends qu’il existe ce qu’on appelle le test de Renne. Le test consiste à se mettre en appui sur un pied  et à effectuer des mouvements du genou en flexion et extension. Il est positif s’il déclenche une douleur.  Je fais le test après une courte séance de footing et bingo cela déclenche une forte douleur. Je suis alors presque convaincu que ce maudit syndrome de l’essuie-glace est de retour

La confirmation du diagnostic

Je décide d’aller voir un rhumatologue. Face à mes explications, il voit deux pathologies possibles: une déchirure du ménisque externe et la tendinite du fascia lata (TFL: autre nom du syndrome de l’essuie-glace).
L’échographie révèle effectivement des « aspects compatible avec un syndrome de la bandelette ilio-tibiale gauche ».  Je suis soulagé mais pas tout à fait car le cumul avec un déchirement du ménisque externe reste possible. Finalement le verdict de l’IRM est rassurant: absence de lésion méniscale externe!

Le traitement du syndrome de l’essuie-glace

Le temps ayant passé, l’inflammation s’est sûrement calmée. Mais pour en être sûr, le rhumatologue me fait une infiltration au niveau du genou. Il me prescrit du kiné qui va se charger de me faire des massages transverses profonds pour détendre la bandelette ilio-tibiale.
Je « profite » de la naissance de mon fils pour réaliser une coupure sportive totale de 10 jours, chose que j’aurais dû faire bien avant par précaution. Puis je m’entretiens avec du VTT (sans mettre de gros braquet), de la natation et je continue toujours le foot à 7. Mais je vais couper la course à pied pendant 2 mois (sans faire le moindre test): il s’agit du temps qui s’est écoulé le temps de faire les examens et de faire quelques séances de kiné.

La reprise

Avant la reprise, je vais voir un nouveau podologue pour me faire refaire des semelles orthopédiques afin de compenser mes « anomalies » morphologiques:  jambes arquées et pronation. Au passage, j’apprends que mes anciennes paires étaient trop focalisées sur la correction de la pronation mais pas sur mon « genu varum » ce qui aurait pu renforcer les frottements de la bandelette ! Je prends encore une leçon d’anatomie…
Pour moi, cette visite chez le podologue achève à la fois mon traitement du syndrome de l’essuie glace et me servira de prévention.
Ultime précaution, j’ai pris le soin de commander une genouillère ZAMST, censée prévenir le syndrome de l’essuie-glace, pour me rassurer pour la reprise!

reve de trail
Epilogue et analyse

Le 24 mai 2014 je fais mon premier footing de 40 minutes sans ressentir aucune gêne! Prudent, je suis néanmoins fermement décidé à continuer de vivre mes rêves de trail . Mais désormais, je serai plus patient. Rien ne sera plus comme avant et cette blessure va bouleverser ma manière de m’entraîner et d’appréhender ma passion. Je serai également plus rigoureux et patient sur la recherche d’un diagnostic formel en cas de nouvelle blessure.

Je vais désormais me préparer un arsenal de prévention du syndrome de l’essuie-glace et essayer de ne pas répéter les erreurs du passé pour ne plus être privé de ma passion aussi longtemps.

Mise à jour de mars 2017
Malgré mes efforts, j’ai fini par rechuter fin 2016 pendant le trail des templiers. Mais je voudrais vous donner un message positif. Non seulement, la douleur ne m’a pas empêché d’aller au bout comme je le raconte ici (mais je ne vous cache pas que j’en ai sacrément bavé). Mais surtout, ma bonne connaissance de cette blessure et sa prise en compte immédiate m’ont permis de guérir rapidement comme je le raconte dans cet article. Pas encore une victoire totale sur cette blessure mais une belle avancée donc!

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20 commentaires à propos de “8 mois pour guérir du syndrome de l’essuie glace”

  1. Bonjour, wouah.. cela fait 8 mois aussi pour moi, et j’ai des inflammations à répétitions, beaucoup de doutes, de prises de tête, j’ai 20 ans
    je pratiquais beaucoup de fitness dont les squats.. à répétitions et poids, je crois que mon corps m’a dit stop. J’ai était voir des osteos qui m’on remis tout le corps en place ( 5 fois, c’est beaucoup trop en effet ).. douleurs partout, car je n’ai pas eus les mêmes reflexesque vous, je ne connaissais pas le syndrome cela fait 3 semaine que je sais ce que j’ai enfin alors j’avais peur de forcer à marcher donc mon corps est très instables .. difficile mais cela m’a fait du bien de lire votre approche.
    J’ai peur que cela reste à vis, c’est compliqué parfois de faire la part des choses ! je positive comme je peux, en me disant que le corps sait ce qu’il fait.

    • Bonsoir. Quelle galère ce syndrome de l’essuie glace! Je viens d’ailleurs de rechuter comme je l’explique dans mon dernier article. Mais il ne faut pas se résigner face à cette blessure qui peut être longue à guérir si elle est bien installée. Mais elle ne laisse pas de séquelles (risque d’arthrose,…) donc c’est déjà un point positif.

      Si le diagnostic est posé pour vous, c’est déjà une très bonne chose! Vous êtes fixé et il faut maintenant que votre médecin vous pose le bon plan d’action. Sûrement du kiné, un traitement anti-inflammatoire etc… Si vous êtes bien suivi, il n’y a pas de raison que ça perdure. Si ça ne donne pas de résultats, n’hésitez pas à consulter d’autres avis médicaux: vous êtes aussi acteurs de votre guérison. Bon courage!

  2. oui en effet c’est un point positif, personnellement l’avoir su m’a mise en confiance, là nouelle inflammation d’etre resté debout trop longtemps.. et du coup je marche tout de même assez bien je pense. La phycologie aide beaucoup. Je me dis que le temps est aussi bon, et que nous sommes jeune ! peut etre cela partira tout seul.. car le corps se connait, il est un moteur de recherche, il se souvient quand il se portait bien il travaille tout les jours pour se renouveler ! pensant y !
    pour l’instant mon medecin m’a dit de reprendre ma vie sans me tracasser.. mais pas evident x) alors je vais voir un kiné je pense et podologue, on ne sait jamais si ça peut aider.

  3. Bonjour, j ai le même problème, douleur externe au genou gauche. La douleur survient au bout d un kilomètre et tjrs quand je cours , en vélo aucune douleur, j ai fais radio, IRM et rien du tout , j en ai vraiment mare , que faut il faire ?

    • Bonjour.

      Déjà, il faut avoir envie de se battre contre cette blessure sournoise c’est important à mon avis.

      Si besoin, l’échographie est l’examen qui confirmera normalement la tendinite du fascia lata. Rien ne se voit à la radio et à l’IRM mais ça écarte les suspicions de lésion du ménisque.

      Un bon kiné saura traiter la douleur avec des massages, un rouleau auto-massant est aussi utile. Après, une infiltration d’anti inflammatoire peut être nécessaire si la tendinite est bien installée comme ça a été le cas pour moi.

      Après, il faudra traiter la cause pour que ça ne revienne pas: consulter podologue et ostéophate par exemple.

      Bon courage!

      • Bonjour , j ai consulté l ostéopathe , le péroné avait bougé, il me l a remis en place ainsi que le bassin, j ai commencé les séances de kine , je dois faire une échographie et radio du bassin la semaine prochaine. Je devais faire le semi dimanche 12mars et cela sera impossible je suis déçue, je me suis préparée tout l hiver mais bon j espère une chose c est de pouvoir courir à nouveau sans douleur

          • Bonjour Jérôme , j ai fais l écho ce matin et on m a diagnostiqué le syndrome de l essuie glace, j a commencé mes séances de kine qui me font bcp de biens. Je suis au repos depuis 15jours , j attends un peu avant de reprendre .

  4. Bonjour
    La genouillère zamst t’a t’elle aidé?
    Je pose la question car je suis dans mon dernier moi d’entrainement avant le marathon de Rome et ai un essuie glace sur le genou gauche depuis 10j.
    J’ai depuis arrété toute CAP mais je fais de la piscine pour maintenance la respiration.

    Merci de ta réponse et bonne course !

    • Bonjour,

      Je l’ai utilisé comme accompagnement à la reprise après avoir commencé à soigner la blessure. Et je n’ai pas eu de souci.

      Par contre, je ne l’ai pas utilisé en phase aigüe mais j’ai lu que ça pouvait diminuer ou retarder un peu la sensation de douleur sans bien sûr traiter globalement le problème et notamment l’inflammation.

      Je pense donc que tu n’as rien à perdre à tenter avec la genouillère. Mais essaies peut-être aussi des auto-massage et du glaçage de la zone régulièrement d’ici ton marathon.

      Tiens-moi au courant si t’y penses 😉

  5. Bonjour
    Je vous tiens au courant après un mois ;
    J’ai réussi à terminer le marathon malgré un essuie glace non guéri et surtout grâce à la genouillère zamst et un mental de fer forgé . Je pense que le seul vrai remède est le repos et que les à cotés ( argiles – AINS – massage etc ) ne sont que des bonus – mais pour guérir : raccrochez les baskets

  6. A 54 ans, j ai eu douleur au genou, je courais 10km tout les dimanche plus marche.mon mėdecin m a envoyé voir un spécialiste ,je suis tombėe sur un interne qui m a dit arrêtez le sport à votre åge.j ai arrėté de courir et j ai continuer les marches et fait du vėlo d appartement.A 59 ans,en 2009,je décide de faire chemin de st jacques ,départ puy en velay, 1er jour douleur au genou gauche, glace le soir et ça repart mais au bout de 5 jours impossible de continuer(100km).repos mais dęs que je marchais douleur au bout de 15km.dès que je marchais ,je mettais une grande genouillère .en 2014, je repars faire 100km en 5 jours avec genouillère sur chemin de st jacques.aucun problème.en rentrant chez moi impossible de randonner sans genouillère.sur conseil du médecin je me suis mise à faire du vélo de course.pas de douleur au genou.cette année .je dėcide de remarcher sur 2 semaines sur st jacques.avant de partir je me remets à faire 15 km de marche de fois par semaine plus vélo et là grosse douleur à la hanche 10 jours avant de partir.diagnostic tendinite à la hanche.repos,pommade a nti inflammatoire et glace.je suis partie malgré l interdiction du médecin avec mon marie et 2 amis avec genouillère,mėdicaments,sac à dos de 8kg et j ai fait 260km le puy en velay à figeac en 13 jours. Heureuse d avoir réussi.Mais depuis mon retour le 07 juin.douleurs au dessus du pied , je boite,douleur par moment hanche , genou. Je suis allée voir mon osthéo, elle m a redressé le bassin et soupçonne le syndrome de l essuie glace.depuis repos .elle me conseille de passer un IRM du genou et kinė. Qui dois je aller voir médecin elle va m engueuler ou autre spécialiste.J ai 63 ans et je ne peux rester inactive donc je vais me battre

    • Bonjour. Quelle tenacité! Je vous comprends parfaitement. Ce qui me choque dans votre cas, c’est qu’aucun médecin ne vous ait posé un diagnostic clair. C’est trop facile d’avoir le raisonnement suivant « vous avez mal quand vous courrez? Arrêtez de courir! ». Je suis déjà tombé sur ce type de médecin et j’ai passé mon chemin. Heureusement il y a de nombreux bons médecins avec un brin (au moins!) de psychologie. Pour ma part, c’est un rhumatologue qui m’a aidé à poser le bon diagnostic. L’expertise d’un kiné habitué aux coureurs à pied peut aussi aider même si une confirmation par des examens est toujours l’idéal je pense.

  7. Je reviens sur le sujet qui s’anime depuis 24 heures.

    4 Mois après le marathon et étirements spécifiques (surtout squats, squats à une jambe sur une marche, fentes etc…) , je suis maintenant complétement guéri.
    Bref : repos et quand vous sentez une amélioration : allez voir un kiné du sport pour qu »il vous (force?) fasse faire les étirements correctement.

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