Les lendemains de fête sont parfois difficiles. L’an dernier je réalisais un rêve de longue date en prenant le départ de l’UTMB. Une année s’est écoulée depuis.
Il ne s’est passé grand chose en termes de course. Pourtant, c’est sûrement une année charnière pour moi qu’il est intéressant de partager ici. Une année où mon corps a tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises.
J’ai mis beaucoup de temps à vraiment l’écouter et je vous partage ici mon retour d’expérience.
L’automne après l’UTMB
La première nuit de l’UTMB a été mouvementée comme je l’ai raconté dans mon compte-rendu de l’UTMB 2025. Il y a eu quelques chutes a priori sans gravité.
Et puis 10 jours après la course, des douleurs au dos m’ont réveillé la nuit. Impossible de trouver une bonne position pour dormir. Mon ostéo a finalement fait des miracles et j’ai pu me remettre.
La suite ? Une immense difficulté à me remotiver et à me projeter vers un nouvel objectif. Je maintiens toutefois une base d’entrainement sérieuse et la forme est là.
Fin d’année, je finis par me fixer un objectif pour me relancer : les 24h TSV, une course que j’avais déjà courue l’année précédente.
Une préparation qui semblait tenir la route
J’intègre du travail de musculation en force maximale durant l’hiver, histoire de varier les plaisirs et de préparer la saison.
Fin février, je réalise le Trail du Grésivaudan comme course de préparation. Je le gère sans forcer, les sensations sont correctes. Sur le papier, tout va bien.
Mais fin mars, une fatigue de fond s’est installée. Le genre de fatigue que je commençais à reconnaître, parce que je l’avais déjà croisée l’hiver précédent.
Cette fois, j’arrive à en identifier les causes assez clairement : le développement de mon activité d’indépendant qui prend plus de temps que prévu et une formation en préparation mentale qui ajoute son lot de déplacements à un quotidien déjà chargé.
Ce cumul, je l’ai vu. Je n’ai pas su lâcher prise et me reposer pour autant.
L’échec
J’aborde la course plutôt sereinement.
Les premiers tours se déroulent parfaitement. Je pense gérer correctement la nutrition et mon allure. Puis, brutalement, au bout de huit heures, les problèmes gastriques arrivent.
J’ai lutté un peu, essayé de tenir, mais le plaisir n’était plus là. Je me suis arrêté rapidement. Onze petits tours, et puis s’en va. Nettement en dessous des attentes.
Le sursaut d’orgueil
Deux semaines plus tard, je décide de m’aligner sur le trail de la Tour Sans Venin.
Un format court (15 km et 675 d+) dont je n’ai plus l’habitude.
Je le fais un peu par orgueil et pour me prouver que ce n’était qu’un accident de parcours.
Je suis satisfait de ma course (16e sur 277). Une petite oasis au milieu du désert.
Le corps en détresse
Les soucis gastriques ne se sont pas arrêtés avec la course. Ils se sont ensuite prolongés au point de nécessiter un traitement médical à base d’IPP tout le mois de mai.
Puis en juin, je me blesse à l’entrainement avec une élongation au mollet. Cela m’éloigne quelque temps d’une partie de mon activité professionnelle. A cela s’ajoute des symptômes de surmenage que je vois heureusement venir.
Il est temps que les vacances arrivent.
La vraie coupure
Cet été, j’ai encadré deux Tours du Mont-Blanc en randonnée et j’ai fait quelques footings ici et là. Mais je me suis surtout accordé neuf jours de coupure sportive totale lors de mes vacances en famille.
Neuf jours sans courir. Il faut remonter jusqu’au début de la crise Covid, en 2020, pour retrouver une coupure aussi longue.
Et maintenant ?
L’envie semble enfin revenue. Les pépins physiques et gastriques paraissent derrière moi. Mais je reste prudent.
La fatigue de fond de mars, l’explosion gastrique d’avril, l’élongation du mois de juin, les symptômes de burn-out… Avec le recul, tout s’enchaîne logiquement et je me dis que j’aurais pu éviter cette traversée du désert. Mais ces signaux restent extrêmement difficiles à percevoir quand on a le nez dans le guidon.





